Dans le ventre des monstres de ferraille

Noirs des marées mortifères dans leur sillage

Dégazant leur gavage de dollars

Hackant sur les misères violées,

Elle,

La peur au ventre pour sensation de vie,

Laisser à terre le fracas qui mitraille

Graver le sang des siens sans trace

Perdre la mémoire des cris enfin

Dans la puanteur verdâtre des cales

Le rêve aux entrailles pour seule liberté.

 

Sur les parkings luisants de la déglingue

Ombrés des corps traqués dans leurs flashs

Souillant le bitume de faux mirages

Klaxon sans regard et billets froissés,

Elle,

L’effroi gainé sous l’haleine viciée,

Farder de joie son regard qui vacille,

Injecter l’oubli dans ses veines usées

Arrêter le temps contre une carcasse rouillée

Sous la pluie azotée d’un monde en deuil

L’amnésie des rêves pour seule liberté

 

©Scarlett3

Rebonds : Si nous tuons la terre