Les quais talonnés résonnent d’urgences,

Ça souffle, ça presse, ça frotte, ça soliloque,

Roulements, sifflements, appels, grincements,

Avant un autre quai, des portes, des tunnels,

Chocs, claquements, poussées, secousses,

Dividendes, appels d’offre, options en stock,

Capitaliser le petit business du boss.

 

Un café serré, un croissant,

Ambition, connexion, action,

Au bar du terminus, tout le monde descend,

On ne choisit pas son propre cinéma.

 

 

Presque le quai, l’asphalte qui tremble,

Des mots se cognent aux piles métalliques,

Peut-être, toujours, ces amants-là,

Le regard derrière la vitre buée,

Les promesses partent en voyage,

Roule, roule la valise des sentiments,

Locomotive du temps, les rails sont à l’heure.

 

Un thé citron, sourire amer,

L’attente, l’alerte, un message,

Au bar du terminus, tout le monde descend

On ne choisit pas son propre cinéma.

 

Il éructe, il crache, il déraille,

Compression, optimisation, globalisation,

Déblayé, en route pour sa dead-line.

Elle titube, elle rage, elle pendule,

Une autre voie l’a ferré à la rotonde,

L’aiguillage s’est détraqué du cœur,

Des mondes s’effondrent sur une seule ligne.

 

Les ventilateurs brassent un air dérégulé,

Pales hypnotiques sur visages hébétés,

Un vieux en sémaphore tangue et crache

Avec eux le monde qui les a remisés :

Alcooliser leurs déboires au goulot et chanter,

 Zinguer leurs verres en éclats et danser,

Taillader leur pouls et attendre la dernière bière.

 

Au bar du terminus, tout le monde descend

On ne choisit pas la fin du voyage.

 

©Scarlett3 : dialogue avec « le craint », « le train »