adresse


on ne se voit pas vivre

le meuble silencieux d'ordinaire
dit bien des choses
en la circonstance

cet objet quotidien qui déplaît parfois
cette cochonnerie blaguée par picasso lui même
montre ses arabesques
ses coquilles et ses nèfles ses paniers fleuris
sous l'oeuvre de patine

les panneaux de noyer prennent des branches

sur la table sur l'étagère
dans la boîte écaillée sous le linge
le noeud de bois trimballé des années
aux formes indéterminées
se mêle au pot pourri
la cannelle y glisse ses senteurs

noeud de noyer
dans l'ailleurs d'aujourd'hui

ailleurs d'aujourd'hui
où le meuble prend fait et cause
pour la vie toutes fenêtres claires


@ andrée wizem


"adresse" dialogue avec "Ailleurs" et "chez les poètes"